
Cette photo montre un religieux musulman chiite en train de chanter un slogan lors d'une action anti-américaine, devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran (Iran). C'était le 4 novembre 2019.
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L'Iran pourrait franchir le pas de trop et déclencher, non pas de la part des États-Unis mais d'Israël, une réaction qui plongerait la région dans le chaos.
Pourquoi ?
La République islamique d'Iran est sur la voie de la confrontation :
Souviens-toi, la sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien de juillet 2015 et l'adoption à l'encontre de la République islamique d'une politique de pression maximale par Washington ont conduit l'Iran à riposter au moyen d'une escalade graduée face aux puissances occidentales et à ses adversaires régionaux.
En s'éloignant pas à pas, depuis mai 2019, de ses engagements sur le dossier nucléaire, Téhéran tente de mobiliser les capitales désireuses de sauver le pacte, pour obtenir de Washington une levée des sanctions qui étouffent son économie.
Dans le même temps, la République islamique continue à mettre en scène ses capacités de déstabilisation dans la région, pratiquant un chantage à l'escalade militaire qui vise à éloigner de sa détermination stratégique.
Ainsi, à la pression maximale américaine, l'Iran répond-t-il par sa propre politique de pression maximale !
En s'installant dans la durée et en l'absence de signe de détente de la part des États-Unis, ce choix de bras de fer pourrait toutefois se révéler être une dangereuse fuite en avant pour la République islamique.
=> Le 5 novembre 2019, Téhéran avait annoncé la réactivation des centrifugeuses du site de Fordow ; mesure entrant en violation de l'accord sur le nucléaire signé avec les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Il s'agit donc là de la dernière étape en date d'une stratégie qui n'a toujours pas porté ses fruits. La levée de la limite de 300 kg d'uranium faiblement enrichi et du plafond d'enrichissement de 3,67% prévu par l'accord annoncé en juillet 2019 puis, la reprise, en septembre 2019, des efforts iraniens en matière nucléaire avec l'activation de centrifugeuses avancées n'ont pas permis à la République islamique de contraindre les autres signataires de l'accord à garantir à Téhéran les dividences économiques attendus selon l'esprit de l'accord de 2015, en échange du renoncement de Téhéran à son programme nucléaire.
Malgré les pressions iraniennes, le mécanisme de troc Instex, censé permettre aux États qui sont encore parties à l'accord nucléaire de commercer avec l'Iran, demeure une coquille vide. Puissance des sanctions américaines oblige, puisqu'aucune autre capitale ne semble en mesure de pallier les effets du retrait de Washington.
Les échecs de Donald TRUMP, président des États-Unis, au Proche-Orient :
Le Proche-Orient continue d'être une impasse pour les administrations américaines, et la diplomatie non conventionnelle de Donald TRUMP ne permet pas d'échapper à ses pièges.
Le Président des États-Unis a créé la confusion en octobre 2019, en annonçant brutalement, moins d'un an après une première tentative, le retrait des forces spéciales américaines déployé"es dans le nord-est de la Syrie. Sa première tentative avait entraîné me départ de son secrétaire à la défense, James MATTIS.
Ce que tu dois savoir, c'est que ce retrait américain a été motivé par l'offensive que la Turquie a lancée contre les milices kurdes alliées aux États-Unis dans la lutte contre l'organisation État islamique (EI), et à laquelle Washington ne s'est pas opposé.
Finalement, Donald TRUMP est revenu, partiellement, sur sa décision en acceptant de maintenir sur place quelques centaines de soldats, mais la crédibilité des États-Unis, qui ont mis leurs alliés devant le fait accompli, a été atteinte. Il n'a pas été mieux inspiré dans le conflit israélo-palestinien en multipliant les concessions au profit d'Israël sans rien obtenir en retour. Donald TRUMP aavait effectivement annoncé sur son compte Twitter qu'il reconnaissait la souveraineté israélienne sur le plateau syrien du Golan, conquis militairement en 1967 puis, le secrétaire d'État, Mike POMPEO, avait jugé que les colonies israéliennes installées dans les territoires palestiniens n'avaient rien d'illégales.
=> Par rapport aux positions défendues des années durant par des administrations démocrates comme républicaines, il s'agit de deux revirements majeurs. En l'absence d'une coalition gouvernementale en Israël, malgré deux élections législatives anticipées, Washington a pourtant été incapable de dévoiler le plan de paix préparé par le gendre du président, Jared KUSHNER. Par ailleurs, ce dernier n'entretient aucun contact avec la partie palestinienne depuis la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël par les États-Unis, en 2017.
Des sanctions dévastatrices :
En mai 2019, soit un an après la sortie de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien, en mai 2018, l'administration TRUMP n'est pas parvenue non plus à obliger Téhéran d'accepter des mesures plus contraignantes, en dépit de sanctions dévastatrices pour l'économie iranienne.
Cette stratégie de pression maximale a généré des incidents dans le golfe arabo-persique et incité le régime iranien à s'affranchir, en tout cas en partie, du cadre de l'accord de 2015, notamment concernant ses capacités d'enrichissements d'uranium.
Ces tensions ont alors conduit Washington à dépêcher des forces militaires dans la région ; un résultat contraire aux promesses de campagne de Donald TRUMP. Tu m'en diras tant... !
Une politique de désengagement :
La médiation entre Téhéran et Washington, tentée par la France, qui visait à une levée des exemptions sur les importations de brut iranien, a ainsi fait long feu.
Cette initiative, lancée en marge du sommet du G7 à Biarritz, fin août 2019, marquée par l'arrivée spectaculaire est inattendue dans la ville basque du ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad ZARIF, avait laissé planer un espoir relatif de détente.
Toutefois, la mise à l'étude par Paris et Téhéran d'un mécanisme qui permettrait à la République islamique de reprendre ses exportations de pétrole s'est traduite par une impasse, de même que la tentative, portée par le président français, Emmanuel MACRON, d'organiser une rencontre entre les présidents Donald TRUMP et Hassan ROHANI, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, en septembre 2019.
Cependant, si la République islamique peut se féliciter d'avoir alimenté les divisions au sein du camp occidental, la poursuite de sa politique de désengagement pourrait contraindre les Européens à durcir leurs positions et à se rapprocher de Washington, laissant le champ libre à une logique de pure confrontation.
=> Parallèlement à l'épreuve de force engagée sur le dossier nucléaire, l'Iran a signalé sa volonté de se lancer dans une série de provocations militaires face aux alliés de Washington dans la région. L'enjeu, pour Téhéran, est de faire sentir à ses adversaires qu'ils ont davantage à perdre en cas de conflagration régionale que la République islamique. Sur ce registre, le leadership iranien peut se targuer d'avoir franchi, avec succès et à très peu de frais, plusieurs lignes rouges.
En mai et en juin 2019, au moment où Téhéran a commencé à riposter au retour des sanctions américaines, les incidents se sont succédés dans le golfe arabo-persique, avec des attaques multiples de pétroliers attribuées à l'Iran :
- Le 20 juin 2019, l'Iran est même allé jusqu'à détruire un drone américain ; une action laissée sans réponse par Washington.
La pression iranienne, qui s'est poursuivie au fil de l'été 2019, culmine ensuite le 14 septembre 2019, lorsqu'une attaque combinée de drones et de missiles ravage le site pétrolier stratégique saoudien d'Abqaiq-Khurais. L'opération a été revendiqué par les rebelles boutistes du Yémen, alliés de la République islamique, mais attribuée à Téhéran par Washington et Riyad.
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