• Origines

    Elle influence notre façon d'être @attia_salome                                                                                                                             La Lombardie appelle aux secours @Salomeattia21

    ⚜️

     

    « Origines » - Chapitre I

     

     

    Le 10 mai dernier était la journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition.

     

    À cette occasion, il m’apparaissait opportun, en tant que femme noire et ancienne étudiante en Histoire, de démontrer, avec le soutien et l’appui de l’auteur, historien et archéologue spécialiste de l’Afrique mais aussi Directeur du CNRS, François-Xavier FAUVELLE, comment et pourquoi l'esclavage - ce crime contre l'humanité - a, insidieusement et à large échelle, contribué au triomphe de la négrophobie dans nos sociétés où les violences (actes, paroles, comportements discriminatoires et préjugés) orchestrées contre les Noirs sont banalisées et de plus en plus nombreuses (voir image 2). Laissez-moi donc vous expliquer cela en remontant aux origines de ce mal...[Cela ferait un mon titre] incurable ?

     

    Si, comme moi - malgré tout, malgré nous - de nombreuses personnes noires continuent de subir, aux quatre coins de la planète, des « dérapages » racistes et, impuissantes, voient d’autres Noirs être insultés et tués pour la seule et unique raison d’être noirs, ce n’est pas un hasard.

     

    En complément de ce que Kly a expliqué sur Le Code Noir, sur ses lois punitives, outrageuses et inhumaines, je tiens à rendre compte de ce que le lourd passé esclavagiste et colonial des États européens (mais pas que) et le racisme scientifique du XIXe siècle ont contribué à créer, à savoir : le racisme ordinaire.

     

    Le racisme ordinaire dont souffrent encore et, je crois, continueront de souffrir les Noirs dans les siècles à venir si un sérieux travail sur les mentalités n’est pas fait (c’est un travail de fond que j’ai décidé de mener), est la conséquence de l’écriture et de la vision européocentrées et évolutionnistes de l’Histoire faite au XIXe siècle.

     

    Par les conquêtes, les missions et les sociétés coloniales, le XIXe siècle est, je vous le dis, le siècle des injures faites à l’Homme, à ses droits et à son intelligence. La colonisation de l’Afrique a effectivement nourri les imaginaires de mythes et de préjugés sur ses populations subsahariennes.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre II 

     

    Il y a en fait délibérément eu, au XIXe siècle, dans les sciences humaines mais également dans les sciences dures, une aspiration pour la pensée racialiste qui avait été autrefois établie par les premiers explorateurs musulmans et portugais du Moyen Âge et du XVIIe siècle et donc, un héritage.

     

    Cette ancienneté a contribué à faire des préjugés sur l’Afrique et sur les Noirs des états de faits. L’image d’une Afrique sauvage habitée par des hommes monstrueux et la connotation péjorative associée au noir en opposition au blanc étaient donc déjà bien ancrées en Occident.

     

    À l’origine, le mot « noir » vient du latin « niger » et désigne simplement la couleur noire. Dans la Rome antique, les hommes noirs pouvaient être libres et symboliser la richesse, la noblesse, la beauté et l’on parlait de « Maures » d’Afrique en référence à la couleur des mûres.

     

    Ce n'est réellement qu'à partir du Moyen Âge, donc après les premières rencontres entre l’Afrique et le reste du monde - ou plutôt, après les premières rencontres du reste du monde avec l’Afrique - que les mentalités sur l'Afrique et les Noirs ont commencé à changer dangereusement.

     

    Car, dans les imaginaires (dans la pensée collective), le blanc était devenue l’équivalence de la pureté et de la virginité tandis que le noir renvoyait directement au péché, au Mal et à la saleté. Le christianisme a d'ailleurs grandement renforcé cette association entre l’individu noir et le mal ; « le grand cavalier noir » désignant Satan.

     

     

    Si bien qu’à partir de 1650, avec la traite esclavagiste, le mot « noir » se confondait désormais avec le mot « nègre ». Ce mot venu du Portugal ne désignait plus une couleur mais un statut social... tout en bas de l’échelle. Avec l’économie sucrière, les Noirs étaient capturés et troqués sur les côtes. Rendez-vous compte.

     

     

    « Origines » - Chapitre III

     

    Puisque, toujours dans les imaginaires, le blanc est maître tandis que le noir est nègre - donc, esclave -, les Noirs étaient longtemps, NI PLUS NI MOINS, considérés comme du bétail. Rien que d'imaginer autant d'atrocités, ces scènes de marchandisation d'êtres humains, cela me donne la nausée.

     

    En 1732, on pouvait même lire dans le dictionnaire : "« Nègre » : esclave noir vendu sur le marché»". En 1740, le mot « noir » entrait dans le dictionnaire comme synonyme de « nègre ». D’ailleurs, l’expression « travailler comme un nègre » signifiait travailler comme un esclave [noir] d’origine africaine.

     

    Il faut savoir que la majorité des chercheurs-universitaires et des maîtres-penseurs du XIXe siècle se sont attachés à ces postulats qui visaient à absolutiser les différences entre l'Europe et l'Afrique mais aussi entre ce qu'ils appelaient « Afrique blanche » et « Afrique noire ».

     

    Derrière ces expressions, il y a avait l'idée selon laquelle le Sahara constitue, toujours de leur point de vue, « une barrière infranchissable » entre ces deux parties du sol africain. Dès lors, les populations d'Afrique subsaharienne étaient perçues comme des êtres sauvages qu'il faut « éduquer », asservir, « purifier du mal » et éliminer, dans le cas échéant. Rendez-vous compte.

     

     

    Car il faut que vous compreniez que, toujours de leur point de vue, les Noirs ne connaissent pas la civilisation, n’ont pas d'Histoire, pas de cultures et s’apprêtent à des usages qu'ils qualifiaient alors d'amoraux : cannibalisme, scarification, nudisme, polygamie, polythéisme et autres mœurs et coutumes locales, qui étaient similaires ou différentes selon les régions géographiques.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre IV

     

    C'est donc sur le modèle racialiste de la "doctrine des 3C" établie par le missionnaire, médecin, protestant et explorateur écossais, David Livingstone (1813-1873), que les Européens, qui se considéraient comme étant « les envoyés par Dieu », se sont crus légitimes de « sauver » et de d’« élever » les populations noires d’Afrique et des Antilles en leur imposant à la fois la civilisation, le christianisme et le commerce.

     

    Il faut savoir qu’à l’aube du XIXe siècle, avec le mouvement abolitionniste, le mot « noir » devenait, pour les Noirs, un terme de combat. Car en s’opposant au mot « nègre » qui, par son caractère raciste, est insultant, le mot « Noir », quand à lui, avec une majuscule à la lettre N, était réintroduit par les Noirs eux-mêmes pour dénoncer l’inhumanité de l’esclavage. Mais cela ne dura pas longtemps.

     

    En 1804, face à la révolte des Haïtiens indépendants qui revendiquaient qu’on les appelle désormais « Noirs » et non « nègres », les chercheurs européens ont, tout le long du XIXe siècle et dans le cadre de la colonisation, consacré « scientifiquement » la soi-disant infériorité des Noirs et la soi-disant supériorité des Blancs sur les soi-disant « autres races humaines ». Rendez-vous compte.

     

     

    Donc, au risque - pensaient-ils - de voir s’effondrer les puissances coloniales et de voir « le monde plongé dans le chaos par les sauvages », les colons occidentaux - épaulés par le cercle scientifique dont faisait partie le professeur allemand Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770-1831) - ont, pendant encore longtemps, méprisé les Noirs.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre V

     

    Des observations qu'ils ont fait, ils ont construit le préjugé d’un continent inhospitalier peuplé de bêtes sauvages (lions, girafes, rhinocéros, éléphants...) et d’« êtres encore restés à l’état de primates », vivant en communautés dans des infrastructures primitives et pratiquant des rites de passage inhumains. À titre d’exemple, la finalité des cours donnés par le professeur Hegel était de faire croire aux étudiants que l’Afrique n’a rien à offrir en terme d’Histoire, ses richesses se trouvent ailleurs, dans le sol : « L’Afrique n’est pas une partie historique du monde ».

     

    Cette vision extrêmement linéaire a d'abord, pendant bien plus de 4 siècles, conduit à une écriture fausse et dévalorisante du continent africain et de ses populations noires puis, à un racisme ordinaire extrêmement bien ancré dans la pensée collective, et cela, à l'échelle mondiale, dans le monde du travail, des arts, de la mode et du cosmétique.

     

    Et cela, malgré les travaux d'administrateurs coloniaux, de médecins, de linguistes, d'ethnologues et d'africanistes tels que l’essayiste français Maurice DELAFOSSE (1870-1926) ou d’écrivains engagés comme le journaliste littéraire français Guy de MAUPASSANT (1850-1893), qui se sont efforcés, face à ce constat et indépendamment du milieu universitaire, d'aborder l'étude de l'Afrique avec plus de rigueur et d'objectivité.

     

    Car au XIXe siècle, le récit des origines de l’humanité fait par le cercle scientifique estudiantin inclinait à penser qu’une fois l’Homme sorti de l’Afrique pour peupler le reste du monde, l’Histoire se serait déployée uniquement dans ce monde et aurait cessée de se déployer en Afrique. Ce qui est, évidemment, COMPLÈTEMENT FAUX.

     

     

    L’Afrique dispose assurément d’un passé dont celui des origines de l’Homme et donc, une histoire qui lui est propre. Elle est LA première partie historique du monde et les historiens savent aujourd’hui qu’elle surprend par ses singularités.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre VI

     

    En effet, comme le démontrent les travaux de l’historien et archéologique spécialiste de l’Afrique François-Xavier FAUVELLE, les trajectoires historiques des sociétés africaines sont multiples. Avec ses collègues anthropologues, il lance des alertes sur les évolutions très souvent oubliées de l’Afrique et encourage les consciences collectives à déjouer cette idée selon laquelle les origines de l’humanité auraient paralysé l’Histoire de ce continent immense et immensément riche.

     

    Pour lui, « l’histoire de l’Afrique devrait faire partie de la conversation globale sur l’histoire des sociétés en général, sur l’histoire de nos identités, sur ce qui a contribué à la marche du monde depuis des millénaires. L’histoire de l’Afrique doit non seulement être disponible pour aujourd’hui, mais cela doit aussi nous faire comprendre que les sociétés africaines ont toujours déjà été là. »

     

    L’absence de l’Afrique dans les manuels scolaires résulte d’un phénomène qui puise son origine à la fois •dans les erreurs méthodologiques de ses anciens confrères qui ont transposé sur l'Afrique la chronologie occidentale et •dans le discours raciste, démagogue et racialiste des anciens empires coloniaux tels que la France et la Grande-Bretagne.

     

    L'absence de l'interdisciplinarité, la croyance - au XIXe siècle - sur l'inexistence des sources écrites africaines, le colonialisme, la traite esclavagiste et leur CONSTANCE expliquent également ce problème, à savoir la fabrication du racisme ordinaire et la difficulté de l’éradiquer.

     

     

    Comme j’ai tendance à le dire, c’est un tout qui fait beaucoup. Car ce discours raciste et racialiste, omniprésent dans les différentes sphères des sociétés occidentales, a été tantôt un outil de propagande, tantôt un moyen d’intimidation, tantôt une arme de destruction... tantôt tout cela à la fois.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre VII

     

    Très difficile donc de guérir un mal qui a été commis avec complicité pendant plusieurs siècles consécutifs. Je compare cela à une jambe cassée : il n’est pas impossible mais compliqué de la réparer et un énorme travail de réÉDUCATION doit être fait par la suite. 

     

    C'est pourquoi je peux dire, sans me tromper, que, dans le monde, l'abolition de la traite des Noirs, qui a quand même duré - dans son intégralité - mille ans MINIMUM, et la décolonisation ont été extrêmement tardives, notamment par la France qui se portait pourtant garante des droits de l'Homme au lendemain de la Révolution française.

     

    C'est aussi la raison pour laquelle il est injuste et insupportable pour les Noirs que, malgré cela, malgré autant de souffrance qui leur a été infligé gratuitement, énormément de personnes dont la couleur de peau est blanche continuent de minimiser la violence du racisme, voire de le nier. C’est trop facile de dire aux gens qu’ils se victimisent quand on ne vit pas leur quotidien. Et pour des sujets aussi graves que celui-là, il est tout à fait normal d’en parler et pour les Noirs, la question ne se pose même pas.

     

    Encore une fois, la négrophobie - cette aversion envers les Noirs et les cultures noires dans le monde - existe. Et ce, comme je vous l’ai expliqué, depuis très longtemps maintenant. Une personne noire est donc dans son DROIT LÉGITIME de témoigner et/ou de dénoncer les actes et les paroles discriminatoires érigés à son encontre. Car le RESPECT est une valeur civique dont TOUT LE MONDE a droit de bénéficier. 

     

     

    Vous n’imaginez pas non plus à quel point il est blessant et irritant, car extrêmement grave, de voir qu’aujourd’hui encore les préjugés sur l’Afrique noire et sur les Noirs persistent. C'est exactement comme si quelqu’un avait décidé, dès votre naissance, de vous amputer d’une jambe parce qu’il estime que votre « vie ne compte pas » et d’imposer aux autres l’ordre que l’on fasse la même chose sur vos progénitures et aux générations futures. C’est gratuit, bête et méchant. Vous partez donc, de manière injustice et inutile, avec un gros handicap avec lequel vous devrez « apprendre » à vivre et savez par avance que vos enfants le porteront également. Voilà ce dont souffrent les Noirs. Voilà ce qu’ils condamnent.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre VIII

     

    Au cours de leur vie, 3 Noirs sur 4 sont victimes de racisme direct ou insidieux (allégations de préjugés raciaux) de la part de personnes lambda, de sympathisants du Ku Klux Klan, de membres de partis politiques fasciste, nazi et/ou d'extrême droite. Ce qui est énorme ! Les chiffres sont affolants et je compte parmi eux.

     

    Vous remarquerez d'ailleurs que les individus qui se sont autrefois délectés - et qui, aujourd’hui, continuent de le faire - du mépris à l'égard des Noirs et du racisme dont ils souffrent sont aussi généralement ceux qui font croire à la Terre entière que le racisme anti-Blancs existe, afin de s'approprier le mot.

     

    C'est une façon mensongère mais forte de renverser la situation et, en se victimisants, de taire encore une fois la voix des Noirs, de les renvoyer à ce qu'ils sont à leurs yeux, c'est-à-dire rien du tout. Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu'il y a une nuance entre racisme et haine : les actes isolés de Noirs battant des Blancs ne créent pas le racisme. Car, comme nous l’avons vu, le racisme a été institutionnalisé au fil des siècles. Le racisme racisme est une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Et, en l’occurrence, les Noirs n’ont jamais établit ce postulat et n’ont jamais organisé une extermination d’une partie de la population sur Terre.

     

     

    Il faudrait en finir une bonne fois pour toute avec cette expression de « racisme anti-Blancs », qui est inappropriée pour parler des violences et des agressions commises par certains individus racisés à l'encontre des personnes blanches, parce que les Blancs ont précisément toujours été des privilégiés.

     

     

    « Origines » - Chapitre IX

     

    Le racisme anti-Blancs n'existe pas parce que, contrairement aux Noirs, les Blancs n'ont jamais été les victimes mais, bien au contraire, les instigateurs d'une classification des "races" humaines ; ils n'ont jamais été exploités, vendus, torturés, violés et tués pendant des siècles sous prétexte que la couleur de leur peau est blanche. Non, jamais de la vie et heureusement. Mais, pour ne citer qu’un exemple, c’est pourtant ce qu’ils ont fait sur des populations dont la couleur de peau était plus bronzée que la leur : les Indiens d’Amérique et les Noirs d’Afrique.

     

    Les Noirs n'ont jamais castré les Blancs ; ils ne les ont jamais asservi et assujetti ; les Noirs n'ont jamais pratiqué la ségrégation raciale et empêché les Blancs de monter à l'avant d'un bus, de jouir et d'exercer des activités et des métiers intellectuels ; les Noirs n’ont jamais refuser l’entrée de magasins et de restaurants aux Blancs.

     

    Par contre, les Blancs ont arrêté et emprisonné les Noirs qui aspiraient à mener une vie de liberté et qui revendiquaient, comme n’importe qui, du respect et de l'humanisme ; les Blancs ont assassiné des personnalités politiques influentes noires qui dénonçaient leurs conditions de vie et le racisme.

     

    Les Blancs ont interdit aux Noirs de posséder des terres mais les ont obligé - sous le poids de la menace (la mort) - de travailler pour eux : d'abord, dans les champs de coton et pour les cultures de la canne à sucre et du cacao puis, en effectuant tous les métiers ingrats.

     

    Les Blancs ont contraint les Noirs à vivre regroupés, les uns sur les autres et à dormir dans des zones délimitées, des cases, des « homelands » durant l'apartheid ou des ghettos et les ont laissé et maintenu dans leur détresse (misère sociale et économique, exclusion et maladies).

     

     

    Les Blancs ont, sur des faits qu'ils ont inventé de toute pièces, accusé (à tort, donc), incriminé et mis à mort des Noirs et organisé des chasses à l'Homme, même sur des enfants ; les Blancs ont imaginé et organisé la solution finale pour exterminer d'autres êtres humains.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre X

     

    Les Blancs ont, en position de supériorité, par abus de pouvoir et pour « le plaisir des yeux », humilié, lynché, torturé, lapidé, pendu et brûlé vif des Noirs en pleine rue, souvent même devant leur maison et leur famille ; Les Blancs ont dénigré les Noirs et créé des zoos humains.

     

    Entre la fascination et le dégoût, les Blancs ont exploité les Noirs, les ont forcé à se donner en spectacle en faisant passer leurs caractéristiques physiques pour des monstruosités et se sont, là encore, enrichis de cette manière et construit leurs propres empires financiers.

     

    Durant les deux guerres mondiales, les Blancs ont envoyé au massacre les Noirs (appelés « tirailleurs sénégalais ») venus pourtant leur prêter main forte, ont « blanchi les troupes » lors de la libération de Paris pour laisser entrer en triomphe les seuls Blancs et pas un merci. 

     

    Et ce qu'il y a de pire, de vraiment offensant et insupportable pour les Noirs, c'est que des Blancs CONTINUENT, encore aujourd'hui (20e-21e siècles), de créer des publicités racistes (pour ne citer qu’un exemple) sur eux et de véhiculer DÉLIBÉRÉMENT, sur le petit écran et sur le grand écran (télé/cinéma) des préjugés à leur encontre.

     

     

    Une publicité chinoise (vous la trouverez en écrivant sur la barre de recherche YouTube « pub chinoise raciste ») démontre clairement le fait que le racisme ordinaire est encore bien ancré dans les sociétés contemporaines. Les Blancs approuvent, parfois même sans se poser de questions, le racisme d'hier et donc, l'inhumanité qui a été faite aux Noirs pendant des siècles. Rendez-vous compte.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XI

     

    Ce qu'il y a aussi de vraiment offensant et d’insultant, c'est que des personnes, sous prétexte que la couleur de leur peau est blanche, s’autorisent encore aujourd'hui à dénigrer les Noirs en se moquant, par exemple, de la nature de leurs cheveux - sans la connaître - et oser, parallèlement à cela, malgré tout, l’APPROPRIATION CULTURELLE, qui est particulièrement utilisée chez les femmes blanches et aimées des hommes blancs (mais pas que) qui peuvent, par ailleurs, ne pas aimer les Noirs et les cultures africaines : taille fine, hanches et courbes dessinées, fessier bombé, seins volumineux, musculature, tresses et nattes plaquées, lèvres pulpeuses et colorées, peau bronzée, cheveux bouclées, port de perruques et extensions.

     

    Il y a aussi le fait que ces mêmes personnes continuent de donner, à leurs plats culinaires, des noms coloniaux, d’interdire aux personnes noires l'accès à des restaurants et hôtels de luxe, mais pratiquent paradoxalement le tourisme sexuel et le fétichisme pour des raisons, disent-ils, d’« exotisme ».

     

    Ça l'est également lorsque que ces personnes (blanches) continuent, de manière délibérée ou non, de proférer des insultes à caractère raciste dans la rue et sur le web sur les Noirs. C’est, par exemple le cas, quand des élus politiques comparent les Noirs à des singes ou quand des parents encouragent leurs enfants à jeter des bananes ou des peaux de banane sur l’ancienne garde des sceaux Christiane Taubira.

     

    Ou bien encore, quand des « supporters » lancent, du haut de leurs tribunes, des cris de singe et des bananes sur tous les sportifs noirs (footballeurs et autres) qu’ils voient et à les viser directement, en faisant preuve de violence physique, quand l’équipe perd le match et à dénoncer le « trop important » nombre de joueurs « étrangers » dans leur équipe ; jugeant que ces derniers ne représentent pas leur nation et ne sont pas « dignes » d’être présents, ni d’exister.

     

     

    Comprenez que tout cela soit, pour les Noirs, vraiment insupportable.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XII

     

    Ce qui est aussi offensant et insupportable, c'est que des personnes tentent, encore aujourd’hui, de justifier la prétendue infériorité (sous-entendu, intellectuelle) des Noirs, notamment par la science, et continuent de faire des contrôles au faciès, des bavures et des tueries sur des personnes (noires) pourtant non armées et/ou innocentes. Sur le sujet, je vous conseiller les films « The hate U give » (en français, La haine qu’on donne) de George Tillman Jr, sorti au cinéma en 2018 et Get Out, de Jordan Peele, sorti au cinéma en 2017, qui illustrent très bien ce dont je suis en train de vous parler.

     

    Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes dont des chercheurs sont effectivement persuadés que « les Blancs sont plus intelligents que le Noirs. » Autrement dit, selon eux, plus notre couleur de peau est claire, plus nous sommes intelligents. C’est ce qu’affirme, notamment, le lauréat du prix Nobel de physique, William Shockley, en déclarant : « Mes recherches m’ont amené à conclure, avec certitude, que le déficit intellectuel et social du Noir américain est d’origine génétique ». En plus d’être insolante et fausse, cette phrase est la preuve même que l’intelligence n’a rien à voir avec la connerie : comme William Shockley, on peut être intelligent et con !

     

     

    De même, le professeur Arthur Jensen, de l’Université Berkeley, en Californie (États-Unis), est l’un des principaux défenseurs de l’opinion selon laquelle, en ce qui concerne l’intelligence, les Blancs seraient « biologiquement supérieurs aux Noirs ». Il déclare : « Les gènes qui déterminent l’intelligence semblent être généralement moins nombreux chez les Noirs que chez les Blancs » !

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XIII

     

    C’est également insultant pour les Noirs de constater que des Blancs continuent de puiser, sans l'aider, la quasi totalité - si ce n'est la totalité - des richesses de l'Afrique, collaborent avec les dictateurs africains et laissent des populations entières dans la misère.

     

    Il est aussi insultant pour les Noirs de voir des enfants blancs proférer, eux-aussi, des insultes à caractère raciste sur des enfants noirs. Ce sont des mots qu'ils n'inventent pas. Ils ne font que répéter ce que leurs parents disent et pensent des Noirs. Rendez-vous compte. J’ai d’ailleurs une petite anecdote que je peux et veux bien vous raconter : quand j’étais petite - je devais avoir 5 ou 6 ans -, des enfants, qui avaient le même âge que le mien, m’ont traitée - en riant - de « poulet grillé », alors que nous étions gentiment en train de jouer. Oui, c’est grave. Ça l’est d’autant plus qu’ils n’avaient pas conscience que ce terme était, en plus d’être insultant, raciste. Moi, je n’ai pas non plus tout de suite compris que ça l’était. Enfant, je ne savais pas ce qu’était le racisme et c’était la première fois que je le subissais. À ce moment-là, ce sont les moqueries qui m’ont blessée. Des enfants, des camarades de jeux et d’école, me demandaient souvent aussi : « Pourquoi tu as la couleur du caca ? », « Est-ce que tu te laves ? »... 

     

     

    Mon père adoptif (je suis une personne adoptée, mes parents biologiques sont tragiquement décédés) allait voir ces enfants et leur expliquait - puisque leurs parents faisaient tout le contraire ! - que l’on peut traiter quelqu’un de « connard », par exemple, mais pas de « sale noir ». Car l’apparence physique n’est absolument pas le reflet de ce qui fait une bonne ou une mauvaise personne. Être raciste, oui.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XIV

     

    Enfin, il est extrêmement pénible de voir qu'au XXIe siècle - encore - des Blancs s'étonnent du fait que les Noirs puissent - ÉVIDEMMENT - être intelligents, doués, voire surdoués, exceller dans les domaines qui leur étaient autrefois interdits d'accès et réussir sur le plan social.

     

    Toute cette accumulation de comportements discriminatoires à l'encontre des Noirs, toute cette haine, tout ce mépris, cela a de LOURDES CONSÉQUENCES. Le racisme ordinaire a, en effet, créé un mal-être profond dans les communautés noires : complexes, blanchiment de la peau, haine ou bien cire un reniement de sa propre identité comme ce fut le cas de Michael Jackson.

     

    Le racisme et le racisme ordinaire (humour de dénigrement tel que le « blackface » ou bien encore les compliments qui n’en sont pas comme « tu es beau/belle pour un(e) Noir(e) », tu es intelligent(e) pour un(e) Noir(e)...) seront impossible, à détruire si vous, ou encore vous, continuez à ne pas en tenir compte et ne cessez pas d'en faire et/ou de l’alimenter : par exemple, quand vous racontez un événement ou une histoire à votre entourage ou à vos amis en disant systématiquement « il y a un Noir qui, un Arabe qui, un Asiatique qui... », alors que vous ne dites jamais « il y a un Blanc qui... », à chaque fois que la personne en question n’est pas typé européen. Savoir que la personne en question n’est pas blanche de peau n’est pas intéressant. Ce détail est un apport inutile dans votre narration. Dire qu’« un homme ou une femme a fait telle ou telle action, a commis tel ou tel méfait, a réalisé telle ou telle exploit » suffit. Cessez donc d’entretenir bêtement le racisme ordinaire.

     

     

    Il ne faut pas parler sans réfléchir ou faire les choses sans se demander si ce que l'on compte faire peut heurter ou non toute une communauté. Si c’est le cas, alors oui, c’est du racisme.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XV

     

    Posez-vous par exemple la question de savoir pourquoi vous n'avez aucun ami noir, si vous n’en avez aucun. Est-ce parce que, là où vous habitez, il n'y a pas ou très peu de personnes noires ou est-ce, au contraire, parce que vous ne voulez pas les fréquenter ? Posez-vous vraiment la question, sans hypocrisie, en toute franchise.

     

    Sachez que personne, ni aucune communauté n’a autant souffert que les Noirs, si ce n’est les femmes noires...communistes, lesbiennes, engagées, juives ou musulmanes et intelligentes. C’est pourquoi il est indécent que des personnes dont la couleur de peau est blanche continuent de dire que les Noirs se victimisent quand ils dénoncent et témoignent du racisme qu’ils subissent. Il est insupportable et injuste de leur demander d’ignorer les propos racistes dont ils sont victimes alors qu’ils se font rabaisser.

     

    En ce qui concerne l’humour, en reprenant la fameuse citation « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui », j’aimerais ajouter que l’on peut rire de tout à condition de n’offenser personne pour son apparence physique, surtout lorsqu’il s’agit de traits physiques qu’ont, en commun, plusieurs communautés de personnes, en raison de leur patrimoine génétique, par exemple.

     

     

    Je ne le répéterai jamais assez, mais dénigrer une personne, CE N’EST PAS drôle. Et prendre, pour excuse, la blague - qui n’en est donc pas une - pour déverser votre racisme, en faisant croire à la Terre entière que vous faites de l’humour « pour amuser la galerie », c’est au contraire faire preuve d’un manque flagrant d’intelligence, d’empathie et de respect envers la et, indirectement, les personnes ciblées.

     

     

    « Origines » - Chapitre XVI

     

    Quand on prend le temps d’y réfléchir, le racisme ordinaire, c’est aussi continuer à considérer et à appeler systématiquement les Noirs « minorités ». C’est un terme qui est en réalité extrêmement péjoratif pour ne qualifier qu’une catégorie de personnes. De plus, les Noirs ne sont pas minoritaires, partout dans le monde. Donc, le répéter en boucle est raciste.

     

    Par ailleurs, à l’instar de ce que pensait déjà les cercles universitaires européens au XIXe siècle et malgré les travaux des historiens du monde entier et les échanges culturels à ce sujet, la persistance du racisme fait que l'Afrique est encore la grande absente des savoirs communs. En effet, dans le cercle public (dans la vie de tous les jours), l’histoire de l’Afrique nous est, encore aujourd’hui, très restreinte, quasi-invisible, absente. 

     

     

    À l’école, dans les programmes scolaires, l’histoire de la Méditerranée, de la République romaine, de l’Empire romain, de la Mésopotamie, de l’Égypte ancienne, de l’invention de la démocratie à Athènes et d’un certain nombre d’autres civilisations, notamment asiatiques, sont disponibles et enseignées aux enfants alors que l’Afrique, tout particulièrement l’Afrique noire, ne l’est pas. Pourtant, de toutes les histoires des civilisations humaines, l’histoire de l’Afrique est la plus ancienne donc, la plus riche. Mais cette n’est pas exploitée, ni dévoilée au grand public.

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XVII

     

    Pour vous dire à quel point le regard scientifique et le regard public portés sur l’Afrique ont - littéralement - profondément ancré, dans les consciences collectives, tout un imaginaire vis-à-vis de l’Afrique, de sa faune et de ses populations noires, c’est que, malgré la riposte des intellectuels africains (ex : « The African Origin of Civilization : Myth or Reality » de Cheikh Anta DIOP), et des quelques voix européennes (ex : « À la recherche du sauvage idéal » de François-Xavier FAUVELLE ; « Afrique fantôme » de Michel LEIRIS), qui ont affiché leur étonnement, mécontentement, lassitude et expliqué et mis en garde les gens sur le danger de cette transparence et déficience intellectuelle voulue, les mentalités ne progressent pas... parce que, précisément, certaines ne veulent pas que cette situation s’améliore et d’autres, l’ignorent, car elles ne se sentent pas concernées.

     

     

    Petite anecdote célèbre : après le fameux discours prononcé par l’ancien chef d’État, Nicolas SARKOZY (président de la République française de mai 2007 à mai 2012) - qui affirmait, le 26 juillet 2007, que l’Homme africain n’était « pas encore assez rentré dans l’Histoire » -, la majorité des gens (qu’il s’agisse de personnes lambda ou d’élus) a défendu ce discours, pourtant clairement raciste et racialiste, comme l’a fait l’éditorialiste Jacques JULLIARD, en apportant des arguments saugrenus affirmant qu’il s’agit, au contraire, d’un discours « profondément anti-colonialiste et non raciste » alors que, paradoxalement, dans le même temps, l’histoire du Mali est retirée des manuels scolaire

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XVIII

     

    Heureusement, au cours de l'Histoire, des femmes et des hommes - noirs ou non - ont fait entendre leur voix, en écrivant, en chantant, en peignant, en dansant ou bien encore en devant acteurs de cinéma, pour dénoncer le racisme, défendre et soutenir les Noirs opprimés depuis presque toujours.

     

    Parmi ces personnes figurent l’écrivain français Alexandre DUMAS (1802-1870) face à qui un raciste lui déclara un jour :

    -« Vous devez bien vous y connaître en nègres ? »

    Question raciste à laquelle DUMAS répondit très intelligemment :

    -« Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez Monsieur, ma famille commence où la vôtre finit. »

     

    Autre exemple, l’écrivain et homme politique français, à la fois poète, dramaturge, essayiste et biographe, Aimé CÉSAIRE (1913-2008) qui a beaucoup écrit sur la négritude : en effet, au XXe siècle, le mot « Noir » désignait un phénotype africain. On pouvait alors voir Aimé CÉSAIRE se ressaisir du mot « nègre » pour LE MAGNIFIER, en prenant en compte ses connotations esclavagistes. Il disait :

    .

    -« La négritude résulte d’une attitude active et offensive de l’esprit. Elle est sursaut et, surtout, de dignité ».

     

    Avec ce qu’il appelait « la négritude », Aimé CÉSAIRE voulait montrer que « le Nègre » participe de la civilisation et de l’universel.

     

    Son célèbre ouvrage intitulé « Discours sur le colonialisme » et publié en 1950 est à la fois un acte d’accusation et de libération dans lequel il dénonce, avec une belle plume, des mots forts et justes, le colonialisme (voir image 3 : extrait + lien vers le format PDF mis en ligne gratuitement).

     

     

    [Petite anecdote sympa : mon père biologique s’appelait, lui aussi, Aimé. Ma mère biologique, Peace (ce qui signifie « paix », en anglais) et moi, Salomé (qui signifie « paix », en hébreux). Je ne sais pas pourquoi, mais c’est quelque chose dont je suis fière. Ce n’est pourtant pas grand chose, mais c’est ce qui m’encourage, entre autres, à écrire moi aussi et à m’engager pour des causes nobles].

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XIX

     

    J'ai rassemblé, en une image, les noms des personnalités - ces hommes et ces femmes humanistes - qui s’érigent en défenseurs de la cause noire et en « détraqueurs », si j’ose dire, du racisme. Bien sûr, ma liste est non exhaustive car tous ne me viennent pas tout de suite en tête.

     

    Enfin, je dirai que les Noirs qui font de l’humour pour dénoncer ce que les Noirs ont subi au cours de l’Histoire, ce n’est pas du racisme. Cela s’appelle faire de l’autodérision. D’ailleurs, tout le monde n’a pas la faculté de savoir en faire. Et cela rejoint ce que je vous disais plus tôt sur le rire : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui et on peut rire de tout, mais certainement pas du physique et du patrimoine génétique de quelqu’un.

     

    Voilà ! En espérant vous avoir appris plein de choses, je vous souhaite :

    * de ne laisser personne vous manquer de respect pour votre physique, confession religieuse ou appartenance ethnique.

    * de ne laisser personne se faire insulter pour ces raisons et en agir en conséquences. 

    * et, bien sûr, de ne jamais dénigrer quelqu'un.

     

    C’est simple : ne faites pas subir aux autres ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse. Le respect n’est pas à sens unique.

     

    Au cours des 20 chapitres que j’ai écris, vous avez donc appris - je l’espère sincèrement - comment et pourquoi l’esclavage et la traite négrière ont produit le racisme ordinaire et vous avez surtout appris pourquoi et comment vous pouvez et devez contribuer à le faire disparaître.

     

    L’histoire des Noirs est longue et très ancienne. C’est histoire d’une communauté profondément meurtrie qui demande que réparation soit faite et du respect.

     

    Le temps passe et précipite l’effacement de la mémoire, mais nous n’oublierons pas. Je n’oublierai pas et c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis là, l’une des raisons pour lesquelles j’écris présentement.

     

     

                                      Ni oublie, ni pardon. 

     

     

     

    « Origines » - Chapitre XX

     

    Pour clore ce chapitre et ma narration, j’aimerais partager avec vous une citation célèbre de l’auteur-compositeur-interprète Stevie WONDER à qui le journaliste Jean-Christophe GRANGÉ, lors d’une conférence de presse qu’il mena dans les années 1970, lui demanda si ce n’est pas trop triste de naître aveugle. Sa réponse est à la fois puissante et pleine d’humour : « Cela aurait pu être pire. J’aurais pu naître noir ».

     

    N’hésitez pas à partager et à laisser, dans les commentaires, vos témoignages - que vous soyez victimes de racisme ou témoins, vouées les deux.

     

     

    —> N’hésitez pas non plus à vous abonner, si vous ne voulez rater aucune de mes publications.

     

    Vous pouvez toujours me rejoindre sur :

    Instagram : https://www.instagram.com/attia_salome/ 

    Twitter : https://twitter.com/Salomeattia21 

    Mon blog : http://salomeattia.kazeo.com 

     

     

     

    Pin It

    votre commentaire
  • Femmes solidaires

    Elle influence notre façon d'être @attia_salome                                                                                                                             La Lombardie appelle aux secours @Salomeattia21

    ⚜️

     

    L’empressement des femmes innocentes, ignorantes ou qui se respectent à rejeter les implications contenues dans les préjugés sociaux et à jouer un rôle qui agit de concert avec les intérêts de l’État définis par les hommes produit et perpétue une politique réactionnaire : une forme lente et subtile de sororicide.

     

    En tant que femmes, il n’y a personne pour nous tirer d’affaire ; personne hormis nous-mêmes.

     

    Ainsi cherche-t-on des signes de vie dans les décombres de ce qui ressemblaient jadis à un mouvement de libération cruciale

     

    Le travail acharné est souvent ingrat fait par des féministes de moins en moins nombreuses afin de changer des lois opprimantes ; les centres d’entraide et les réseaux de secours mutuels, faméliques ; le plus sain de tous, la réussite éblouissante de l’art et des études accomplis par des femmes.

     

    Rien, me semble-t-il, n’est plus grisant, ni plus extraordinairement pertinent que ce qui est en train d’avoir lieu parmi les arrivistes et les universitaires. L’intention péjorative et restrictive des étiquettes est toujours là (« dramaturge "femme" », « photographe "femme" », etc, font l’objet de récapitulatifs annuels obligatoires dans divers médias), mais plus pour longtemps. Cela peut être le premier indice d’une possible victoire dans notre combat pour être CONSIDÉRÉES ET RESPECTÉES en tant qu’ÊTRES HUMAINS sans ressembler aux hommes, ni être dominées par les hommes. 

     

     

    Crédit : "La source de l'amour-propre" , Toni MORRISON.

    ___________________________________________________________________________

    Pin It

    votre commentaire
  • La stratification des classes sociales

    Elle influence notre façon d'être @attia_salome                                                                                                                             La Lombardie appelle aux secours @Salomeattia21

    ⚜️

     

    La stratification des classes sociales aiguise et politise la lutte pour les biens et le statut.

     

    En plus de tous les autres conflits qu’elles engendrent, les inégalités sociales exacerbent les différences entre femmes noires et femmes blanches, femmes riches et femmes pauvres, femmes vieilles et femmes jeunes, les mères célibataires qui vivent des allocations et celles qui ont un emploi. 

     

    Elles dressent les femmes les unes contre les autres dans des divergences d’opinions inventées par les hommes : divergences qui déterminent qui travaillera, qui recevra de l’instruction, qui contrôlera l’utérus et/ou le vagin, qui va en prison, qui vit où.

     

    Crédit : "La source de l'amour-propre" , Toni MORRISON.

    ___________________________________________________________________________

    Pin It

    votre commentaire
  • Elle influence notre façon d'être @attia_salome                                                                                                                             La Lombardie appelle aux secours @Salomeattia21

    ⚜️

     

    Prétendre que les éléments racistes de la suprématie du « mâle » sont secondaires par rapport au sexisme, c’est éviter, une fois de plus, l’occasion d’éradiquer totalement le sexisme.

     

     

    De même qu’elle a été évitée par les abolitionnistes au XIXe siècle, elle a été ignorée par les féministes au XXe siècle.

    Ne faisons plus la même erreur.

     

    Le refus persistant de l’affronter non seulement conforte la suprématie du « mâle », mais cela créer aussi des lignes de conflit, avec quarante millions de femmes d’un côté et soixante millions de l’autre. Or, nous devons tous et, avant tout, toutes nous allier pour les causes féminines... pour le féminisme.

     

    Accepter la hiérarchie sociale définie par les hommes et bénie par les hommes, c’est aussi étrangler le mouvement et nous maintenir enfermées dans une guerre stérile où chacune d’entre nous est une saboteuse. 

    Crédit : "La source de l'amour-propre" , Toni MORRISON.

    ___________________________________________________________________________

    Pin It

    votre commentaire
  • Comment le féminisme peut-il renaître ?

    Elle influence notre façon d'être @attia_salome                                                                                                                             La Lombardie appelle aux secours @Salomeattia21

    ⚜️

     

    Comment le féminisme, ce mouvement digne et responsable de la libération des femmes, peut-il renaître et se poursuivre sans se couvrir de honte en sombrant dans des lamentations féminines ?

     

    Plutôt que de restreindre la définition du féminin à un unique chromosome, plutôt que de changer cette définition pour glorifier l’autre chromosome, pourquoi ne pas l’ÉLARGIR afin qu’elle ENGLOBE LES DEUX ? 

     

    NOUS AVONS LES DEUX.

     

    Ne pas vouloir ou ne pas avoir besoin d’enfants ne devrait pas signifier que nous devons renoncer à un penchant nourricier. Pourquoi ne pas s’en servir pour donner au féminisme un sens nouveau ; sens qui le distingue du culte de la femme et de la crainte respectueuse qu’inspire l’homme ?

     

    La vérité, c’est que les hommes ne sont pas un genre supérieur ; les femmes n’en sont pas un non plus.

     

    Cependant, en tant que concept, la virilité est enviée par les deux sexes. Le problème est donc celui-ci : l’accord tacite voulant que la virilité soit préférable est aussi une acceptation tacite de la suprématie du mâle, que ces « mâles » soient des hommes, des femmes à l’esprit masculin ou des femmes dominées par les hommes, et la suprématie du mâle ne peut exister sans son appareil génital.

     

    Chaque culture sexiste a sa propre formation socio-génitale. Aux États-Unis, par exemple, celle-ci se compose du racisme et de la hiérarchie sociale. Quand les deux seront séparées, la suprématie du mâle s’écroulera et la mer de contention qui se déchaîne parmi les femmes s’asséchera. 

     

     Crédit : "La source de l'amour-propre" , Toni MORRISON.

    ___________________________________________________________________________

    Pin It

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires